Une Europe qui se protège
"C'était le meilleur des temps, c'était le pire des temps." C'est avec cette citation de Charles Dickens qu'Ursula von der Leyen a choisi d'ouvrir son discours sur l'état de l'Union européenne.
- Publié le 17-09-2026 à 08h39
- Mis à jour le 17-09-2026 à 08h41

Comme chaque année, la présidente de la Commission a dessiné les grandes lignes de la politique qu'elle entend mener dans les mois à venir. Mais cette fois, la formule de Dickens en dit peut-être plus que son contenu. Car elle résume assez bien l'Europe d'aujourd'hui: plus forte que jamais, selon Ursula von der Leyen, mais aussi plus fragile que jamais.
Alors qu'il y a un an, le discours de la présidente de la Commission européenne était celui d'une Europe qui devait se mettre en ordre de bataille en se réarmant, en produisant davantage et en renforçant sa défense, le discours entendu ce mercredi n'était plus le même. On ne parle plus de se préparer au choc mais plutôt de s'en protéger.
Protéger les enfants des réseaux sociaux. Protéger les industries de la concurrence chinoise. Protéger les approvisionnements. Mieux se protéger contre les incendies, les inondations et les épisodes de chaleur. Mais aussi encadrer l'intelligence artificielle. Renforcer la défense. Sécuriser les frontières…
Mais ce n'est pas tant ce catalogue de bonnes intentions qu'il faut retenir de ce discours mais plutôt le changement de perspective.
Car l'Europe a découvert qu'elle ne pouvait plus simplement chercher à empêcher les crises mais qu'elle devait apprendre à vivre avec elles, à les anticiper et à mieux les encaisser.
Après des années de dépendance, l'Union veut donc pouvoir compter davantage sur elle-même. Le sort de l'Europe, affirme Ursula von der Leyen, doit rester entre les mains des Européens.
Et c'est sans doute ce qu'il faudra retenir de ce discours. Mais pour cela, encore faut-il qu'elle soit capable de décider, d'agir et de financer ses choix. Et à 27, c'est peut-être là que se trouve le véritable défi.
