"Mimi", épouse du baron Guy Ullens, tuée par son beau-fils : "Elle a rencontré le prince charmant mais elle n'avait rien d'une Cendrillon"
Virginie, une amie de la baronne Myriam Ullens, qui a été tuée par son beau-fils Nicolas, témoigne : "Parfois, il est trop facile de tomber dans le stéréotype de la mauvaise belle-mère"
- Publié le 07-04-2023 à 07h40
- Mis à jour le 07-04-2023 à 13h35

C'est une amie fidèle qui accepte aujourd'hui de vider son cœur, pour la première fois depuis la survenance de ce drame qui secoue le gotha belge. "Aujourd'hui" justement, vendredi 7 avril, triste journée consacrant les funérailles de Myriam Ullens, tuée par son beau-fils Nicolas à Lasne. C'est aussi une femme heurtée par des allusions qui, depuis l'assassinat, dégradent l'image publique de celle qu'elle a rencontrée en 2009.
"C'est Myriam, la victime. Elle dont la vie a été brutalement abrégée. Parfois, il est facile de tomber dans le stéréotype de la mauvaise belle-mère", recadre Virginie.

Le 29 mars, Nicolas Ullens, 57 ans, déboule comme un écervelé boursouflé par la rage dans le bureau de son père, le baron Guy Ullens de Schooten. La scène houleuse s'orchestre dans la villa de Lasne. Le sujet de la discorde est financier. Il vise une rallonge d'argent. Le noble rejeton, ex-agent secret plutôt trouble tendance complotiste, qui bénéficie avec ses frères et sœur d'une rente mensuelle de 50 000 euros selon Paris Match, estime que Myriam dilapide l'héritage familial.

Au final, Nicolas est sommé de partir. Il attendra que Guy et Myriam quittent la villa dans leur voiture pour finalement vider son chargeur à six balles sur sa belle-mère.
En 2009, la baronne, personnage aux multiples activités, entrepreneuriales et philanthropiques, édite son unique roman. Écrivaine, ancienne journaliste, Virgine a participé à la rédaction de cette œuvre. "Mais je peux vous dire que Myriam était elle-même déjà dotée d'un fameux sens du récit. Elle savait raconter des histoires", nous précise directement la Parisienne.
Entre ces deux femmes, qui ont toujours gardé contact, les fluides circulent en toute harmonie. "Pour moi, elle était un mentor. Un modèle d'énergie. Une femme exceptionnelle. D'une générosité rare. Qui s'appliquait dans ce qu'elle faisait. Qui réussissait. Qui travaillait énormément. Qui était vraiment chouette avec les gens. Très large d'esprit. Sa pugnacité, ses croyances, le bien qu'elle faisait autour d'elle en faisait, à mes yeux, un modèle de femme. Elle n'était pas féministe mais qu'est-ce qu'elle était féminine !"
Elle disait qu'elle vivait un conte de fées, qu'elle avait rencontré le prince charmant. Mais elle n'avait rien d'une Cendrillon. Et ce n'était pas Cosette et Jean Valjean, loin de là. Avant cette rencontre, elle avait déjà son entreprise de pâtiseries qui tournait bien.
Myriam était exubérante. D'une solarité qui camouflait une part d'ombre existentielle ? "Pas fondamentalement, je pense. Mais elle avait mis cinq années à vaincre un cancer. Elle avait peur de retomber malade. Durant son parcours de vie, elle a rencontré beaucoup de petitesse. De la jalousie. Mais cela ne semblait lui peser outre mesure. Elle allait de l'avant."
En 1991, Guy Ullens de Schooten, alors marié et père de quatre enfants, et Myriam Lechien se croisent. Le coup de foudre est fulgurant. Le baron et celle qui avait deux enfants de son côté, se marieront : "Pour moi, ce couple était très beau, emblématique, notamment au travers de leurs actions philanthropiques." De fait Guy et Myriam ont développé de jolis projets : création d'orphelinat au Népal, de centres pour cancéreux, d'un musée à Pékin...
"Ils s'étaient trouvés. Elle disait qu'elle vivait un conte de fées, qu'elle avait rencontré le prince charmant. Mais elle n'avait rien d'une Cendrillon. Et ce n'était pas Cosette et Jean Valjean, loin de là. Avant cette rencontre, elle avait déjà son entreprise de pâtisseries qui tournait bien. Et même sans 'Gaille', comme beaucoup de personnes l'appellent, elle aurait continué à réussir", poursuit Virginie.

En 1977, âgée à peine de 24 ans, Myriam Lechien a inventé le principe des plats livrés à domicile. Puis, ce sera la success story de Sweetly, des pâtisseries livrées dans de grands restaurants. C'est en 1999, en épousant Guy Ullens, qu'elle intègre la prestigieuse famille…