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Au procès Ullens, l'épouse de l'accusé témoigne : "Ce drame, c'est une histoire de désamour, mon mari est brisé par ce qu'il a fait"
Les enfants de Nicolas Ullens et son épouse ont expliqué devant les jurés "l'injustice émotionnelle" ressentie par l'accusé au fil des années.
- Publié le 29-09-2026 à 15h29
- Mis à jour le 29-09-2026 à 18h18

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La cour d'assises du Brabant wallon a entendu ce mardi 29 septembre 2026 les enfants de Nicolas Ullens ainsi que son épouse. Celle-ci a notamment évoqué un décalage complet entre le monde dans lequel évoluait Guy Ullens, les valeurs qu'il avait transmises à toute la famille, et ce qu'était devenue sa vie après voir fait la connaissance de Myriam Lechien.
L'épouse de Nicolas Ullens a expliqué la complicité, extraordinaire pour elle, que Nicolas Ullens entretenait avec son père lorsqu'il était jeune.
"Le 6 octobre 1990, nous nous sommes mariés et le papa de Nicolas a fait un beau discours, nous souhaitant plein de belles choses, s'est souvenue Marie-Sophie de Halleux. Et quand nous sommes rentrés de notre voyage de noces, notre belle-mère était effondrée. Elle a dit "il est parti". Il y a eu une rupture totale dans le système de valeurs : en partant, il a changé d'épouse, d'enfants, de chiens, de vêtements, de tout. Et il n'y avait plus moyen de dialoguer."
Le témoin a affirmé que son mari n'avait pas compris que celui qu'il considérait comme son pilier s'effondre de cette manière, et que les liens aient été rompus à ce point.
"On était là comme des figurants"
Évidemment, il y avait encore quelques voyages en commun. "Nous étions invités, mais c'était compliqué, a indiqué l'épouse de l'accusé. Ma belle-mère voyageait avec coiffeur et maquilleur, nous, on passait chez le petit coiffeur au bas de l'hôtel pour être présentables. Pour les enfants, c'était leur papa qui finançait tout cela. C'était déchirant, on était là comme des figurants. C'était disproportionné. On ne comprenait pas."
Plus que l'argent qui était dépensé de manière ostensible par le couple Ullens-Lechien, selon Marie-Sophie de Halleux, c'est la rupture totale du système de valeurs antérieur et l'absence de possibilité de dialoguer avec Guy Ullens qui perturbait ses enfants. L'accusé a d'ailleurs suivi plusieurs thérapies pour tenter de faire face à cette rupture du lien avec son père.
"Mon mari est brisé, il regrette tous les jours les dégâts de ce qu'il a fait"
Ses enfants ont expliqué aux jurés qu'ils le voyaient souffrir au quotidien avant les faits, au point qu'ils n'osaient plus aborder le sujet.
"C'était une injustice émotionnelle, que mon mari vivait, a appuyé l'épouse de l'accusé. L'impression qu'on avait, c'est que Guy Ullens avait adopté une autre famille, que nous n'étions plus satisfaisants. Sans comprendre. Ce drame, c'est une histoire de désamour."
Tant la femme de Nicolas Ullens que ses enfants ont précisé qu'après avoir tiré sur Myriam Lechien, l'accusé a regretté son geste et les conséquences pour les deux familles.
"C'est un homme brisé par ce qu'il a fait, qui regrette tous les jours les dégâts, a constaté Marie-Sophie de Halleux. Il dit qu'il a éclaté la vie de beaucoup de gens, il s'en rend tout à fait compte."
Les infos en direct du procès Ullens ce mardi 29 septembre 2026 :
"Ma belle-mère était très manipulatrice, soyons très clair", dit-il entre autres.
"On a reçu notre C4, nous étions devenus des enfants de seconde classe", se souvient-il après plusieurs années à avoir gardé contact avec son père et Myriam.
Les enfants de Brigitte Ullens prennent place à la suite de leur père. "Je pense qu'il y a eu énormément de souffrances émotionnelles pendant des années. Je les attribue à la place que mes oncles et ma mère ont perdu auprès de leur père. Il y a eu un basculement quand Myriam est arrivée dans la famille", déclare Olivia.
"Ma mère et ses frères étaient très affectés par cette forme de manipulation et d'exclusion de la famille. Nicolas en souffrait beaucoup. Il avait un sentiment d'injustice, je pense qu'il a fini par voir rouge", ajoute son frère Edouard.
"J'ai toujours essayé de conserver une bonne relation avec mon grand-père et de prendre du recul sur la manière dont il vivait, mais c'était difficile. Pour donner un exemple, il m'a pris à part un jour pour me dire qu'il n'y aurait pas de Noël cette année, sur décision de Myriam, car ils sentaient tous les deux qu'on redevenait méchant avec elle", se souvient le jeune homme qui est traiteur. "Deux semaines après, il a fait appel à mon entreprise pour organiser le repas de Noël avec les enfants de Myriam, avec l'argenterie, le caviar... Il a fait appel à moi juste après nous avoir privés de ce Noël", s'exprime-t-il.
Son ex-mari lit l'audition de Brigitte, la fille de Guy Ullens. "Il connaissait la méchanceté de sa femme que tout ça est arrivé", écrit-elle. Un aveu que le baron aurait réalisé sur son lit de mort. Me Laurent Kennes, avocat des parties civiles, s'indigne.
"C'est compréhensible mais innaceptable", réagit ce témoin concernant l'assassinat de Myriam Lechien par Nicolas Ullens, le 29 mars 2023.
L'audience reprend avec le témoignage de l'ex-beau-frère de Nicolas Ullens, l'ex-mari de sa soeur Brigitte, absente ce jour.
L'audience est suspendue pour vingt minutes.
"Sans cautionner la violence, je comprends comment des années de détresse psychologique, et un petit côté financier sans se voiler la face, a abouti à cette situation", reprend Vincent, son frère. "Il y avait clairement une différence entre ses deux familles, un favoritisme. Nous étions devenus les malpropres, c'était injuste. Les choses n'ont fait qu'empirer avec l'arrivée de Myriam."
"Ils (la famille Lechien) l'appelaient Maxou pour un max de sou, rien à voir avec la chanson, il est libre Max", estime-t-il.
"J'ai personnellement eu deux tranches de relation avec Myriam. Quand elle est arrivée dans la famille, j'étais adolescent. J'étais neutre vis-à-vis de ça. La première fois où on a été invité à les voir, c'était pour leur mariage et le premier sentiment qu'on a eu, c'est celui du rejet. On nous a mis sur une table au fin fond d'une tente, on nous a demandé d'écourter nos discours et de quitter la soirée plus tôt, étrange comme première rencontre", raconte Mathieu Ullens.

