L'audience se clôture, les débats reprendront lundi matin avec l'audition des enfants et de la soeur de Myriam Lechien, abattue de six balles devant sa villa, le 29 mars 2023 à Lasne.
"Je crois que j'ai tué ma belle-mère" : le récit du début de l'enquête au 2e jour du procès Ullens, des photos de la scène de crime projetées aux assises
Au deuxième jour du procès de Nicolas Ullens, les policiers et la juge d'instruction ont retracé ce vendredi matin les premiers moments de leur enquête.
- Publié le 25-09-2026 à 12h39
- Mis à jour le 25-09-2026 à 19h09

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La cour d'assises du Brabant wallon a poursuivi ce vendredi matin l'examen du dossier de la mort de Myriam Lechien, intervenue le 29 mars 2023 à Ohain (Lasne).
Après l'avoir tuée en tirant six balles à bout portant dans sa direction, Nicolas Ullens, son beau-fils, est allé directement se livrer à la police. Et en ce deuxième jour du procès, la parole était aux enquêteurs et à la juge d'instruction, qui ont expliqué aux jurés leurs constatations et les devoirs d'enquête réalisés.
On a notamment entendu en début de matinée l'employée civile qui, assurant l'accueil au guichet du commissariat de la zone de police de la Mazerine le jour des faits, a reçu Nicolas Ullens.
Un Nicolas Ullens "très calme, coopérant"
Elle a expliqué que l'accusé lui a dit d'emblée "Je crois que j'ai tué ma belle-mère", qu'il était calme mais qu'il avait les mains tremblantes. Il a demandé immédiatement à voir un "OPJ", à savoir un officier de police judiciaire, en utilisant cette abréviation qui fait partie du jargon policier.
Quant à l'inspecteur de la police locale qui a reçu Nicolas Ullens dans un bureau, il a décrit l'accusé comme "très calme, coopérant", précisant qu'il semblait même apaisé alors qu'il plaçait des sacs en papier autour de ses mains pour préserver d'éventuelles traces de poudre.
Les membres du team "constat" de la police judiciaire fédérale du Brabant wallon, qui sont descendus sur les lieux du drame, ont également projeté les photos prises sur place dans les premiers moments de l'enquête.
Les jurés ont ainsi pu visionner la scène telle que l'ont découvert les enquêteurs : la Golf immobilisée au milieu de la chaussée et dans laquelle se trouvait toujours le corps de Myriam Lechien, les douilles au sol, la vitre conducteur percée par les balles du Glock 9 mm utilisé par Nicolas Ullens, les blessures visibles de la victime et son sang dans l'habitacle.
Les policiers ont détaillé les différentes précautions prises sur place pour relever le moindre indice, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur du véhicule. Dans celui-ci, un projectile a été retrouvé dans la console centrale, et un autre au-dessus de la boîte à gants. Lorsque le corps de Myriam Lechien a été emporté par les pompes funèbres, une troisième balle est tombée de ses vêtements.
Guy Ullens, légèrement blessé à la jambe, a pu être auditionné rapidement mais sa première déclaration, lue par un policier vendredi matin, témoigne surtout de sa confusion après le drame. En parlant de l'auteur, il n'a dans un premier temps pas indiqué qu'il s'agissait de son fils Nicolas, mais évoqué un "neveu" dont il avait oublié le nom. Devant les policiers, il a alors appelé un de ses employés de maison pour pouvoir préciser ce nom, et ce tiers lui a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'un neveu mais bien de son fils.
Le père au sujet de son fils : quelqu'un d'aigri "parce qu'il a raté sa vie"
"Maintenant, tout se remet ensemble", a alors indiqué Guy Ullens. Mais dans la suite de cette première audition, il a continué à parler tantôt d'un neveu, tantôt de son fils, précisant qu'il s'agissait de quelqu'un qui était aigri "parce qu'il a raté sa vie".
Dans cette audition, Guy Ullens était toutefois conscient que sa femme était décédée sur place. Il a confié aux policiers qu'il s'en voulait de n'avoir pas su la défendre.
Les infos en direct depuis la cour d'assises :
Sur une question de Me Mayence, l'avocat de la défense, l'inspectrice confirme que l'accusé faisait des recherches pour des vacances à Carcassonne, dans le sud de la France. "Ces vacances étaient prévues le jeudi suivant", note l'avocat de Nicolas Ullens.
"Tout le monde s'est précité pour dire non, il n'a jamais parlé de l'histoire du Congo, pourtant il en parle dès sa deuxième audition", commente Me Mayence. Tout le monde acquiesce.
"Ce qui a été dit tout à l'heure m'a choqué. Vous avez parlé de 'tactique de défense', notamment entre ces deux premières auditions. Pourriez-vous préciser sur quels éléments vous vous basez?"
"Le mot tactique était peut-être mal choisi, stratégie aurait été mieux. Pour vous répondre, dans la première audition, il est surtout question de l'aspect financier de l'affaire et pour les suivantes, on insiste surtout sur la relation familiale", répond la juge d'instruction.
"Tactique ou stratégie, c'est inacceptable d'entendre cela. Il parle de son père comme de son meilleur ami dès les premiers paragraphes de sa toute première audition", conclut Me Mayence.
L'héritage de Myriam Lechien a été divisé entre ses enfants et Guy Ullens à sa mort, à hauteur de 50% du patrimoine chacun selon le droit suisse, rappelle un enquêteur.
Me Gilles Vanderbeck soulève une contradiction entre les auditions et l'interrogatoire de l'accusé qui a eu lieu hier. Notamment qu'il a pris sa Dacia pour être plus discret lors d'un rendez-vous prévu avec un contact dans le cadre de son "dossier Congo". "Il n'a jamais été question d'une opération relative au Congo", confirme l'équipe d'enquête.
"Non, ce que nous avons retenu des notices ouvertes, c'est qu'elles ont été classées sans suite", répond une inspectrice à une question de Me Laurent Kennes, l'un des avocats des parties civiles, soit les petits-enfants et enfants de Myriam Lechien. Nicolas Ullens expliquait porter régulièrement porter une arme car il faisait l'objet de menace dues à ces différentes professions.
Le président de la cour d'assises de Nivelles, Pierre Delcour, a reporté l'audition des parties civiles, initialement prévue ce vendredi après-midi à lundi, au vu de l'heure tardive.
L'audience reprend d'ici quelques minutes, les différentes parties au procès et le jury vont pouvoir poser leurs questions aux enquêteurs et la juge d'instruction, suite à leur exposé des investigations qui a duré près de huit heures ce vendredi.
Les enquêteurs reviennent sur le patrimoine de la famille Ullens, entre les années nonante et 2000. Tous les enfants ont reçu une maison, de financement dse études (Harvard pendant 15 ans notamment). Ils ont aussi touché pour 15 millions d'euros chacun en rente, cadeaux et projets divers. 3 millions ont été donnés petits-enfants.
Du temps où Nicolas Ullens travaillait pour la Sûreté, il a ouvert deux notices (des dossiers judiciaires, NdlR) contre des collègues mais aussi contre Didier Reynders. Toutes ont été classées sans suite. La Sûreté avait elle aussi ouvert des notices à l'encontre de son ancien employé.

