"Je ne comprends pas pourquoi il est si méprisant alors qu'un mois auparavant, on se quitte en très bon terme. Il y a eu suffisemment de temps entre pour que Myriam lui dise des choses. Myriam était la ventriloque, mon père était la marionnette", souffle-t-il.
"Je souhaite m'excuser auprès de la famille de Myriam, je suis navré de ce que j'ai fait" : les excuses de Nicolas Ullens à son procès
Lors de son interrogatoire d'audience ce jeudi 24 septembre 2026 après-midi, avant d'aborder les faits eux-mêmes, Nicolas Ullens (61 ans), accusé de l'assassinat de sa belle-mère à Lasne en 2023, a formulé des excuses à la famille de Myriam Ullens-Lechien.
- Publié le 24-09-2026 à 16h23
- Mis à jour le 24-09-2026 à 18h11

Après la lecture de l'acte d'accusation en matinée, Nicolas Ullens, jeudi après-midi, a pris la parole pour répondre aux questions du président Pierre Delcour. Celui-ci a commencé par interroger l'accusé sur son enfance et sur son rapport à ses parents. Scolarité, influence de son grand-père maternel qui lui a notamment inculqué comme valeur de refuser l'injustice, complicité avec son père avant que celui-ci quitte définitivement sa mère, l'accusé a répondu à toutes les questions posées.
"Il était incapable de dire je t'aime"
"Il était incapable de dire je t'aime ou tu comptes pour moi, a-t-il affirmé à propos de son père. Cela se traduisait par du matériel, de l'argent ou des cadeaux. J'essayais de lui dire qu'on avait davantage besoin d'affectif que de matériel…"
Les relations père-fils étaient toutefois compliquées : selon Nicolas Ullens, son père ne voulait pas que ses enfants lui fassent honte, mais pas non plus qu'ils lui fassent de l'ombre. Et il se plaçait dans une position qui les rendait dépendants financièrement. Une fois Guy Ullens marié avec Myriam Lechien, l'accusé a indiqué qu'il y avait des tensions, et que le couple était manifestement sorti du principe "pour vivre heureux, vivons caché" que son père avait toujours eu à cœur.
"Je pense que Myriam le remontait"
Les anniversaires de Myriam donnaient lieu à des fêtes dans les lieux prestigieux, et les enfants de Guy étaient invités. Notamment à l'hôtel Cipriani à Venise, ou encore à Saint-Petersbourg. "On espérait toujours que c'était pour fumer le calumet de la paix", a expliqué Nicolas Ullens devant la cour d'assises. "Mais ce n'était pas le cas."
Et lorsque le président a demandé à l'accusé comment il expliquait cette situation, la réponse a fusé, sans hésitation : "Je pense que Myriam le remontait. Il avait de vrais élans de générosité, mais elle les coupait."
"Je suis conscient qu'ils ne vont pas accepter mes excuses…"
Lorsque le président a évoqué les déclarations de l'accusé aux enquêteurs, qui accusaient sans détour Myriam Lechien d'avoir profité de l'argent de son mari, Nicolas Ullens s'est tourné vers les parties civiles assises au premier rang dans la salle.
"Je souhaite reformuler mes excuses à la famille de Myriam", a-t-il indiqué. "Je suis navré de ce que j'ai fait. Je suis conscient qu'ils ne vont pas accepter mes excuses…"
Le direct de la 1re journée du procès
Ils abordent le second sujet, celle de l'achat d'une maison par le fils de Nicolas Ullens. "Il m'envoie pêtre pas très gentimment", décrit-il. Arrive le troisième sujet, celui de la vente de la maison de Guy Ullens. "Il ne nous tenait pas au courant des choses les plus importantes de sa vie. J'ai toujours eu espoir de renouer avec mon père et avec Myriam, si l'occasion s'était présentée."
"Je suis venu lui parler du mariage de ma fille avec qui il s'entendait bien. Il s'entendait bien avec mon fils aussi mais il n'est pas venu malgré les invitations envoyées à Myriam et lui. Il ne m'écoute pas, il lit son journal. Je n'ai demandé à aucun moment qu'il paie le mariage. Une caisse de vin à douze euros la bouteille, j'aurais déjà été heureux. C'était symbolique."
Il est accueilli par le personnel. "Mon père emploie quatorze personnes, ce n'est pas inhabituel de les croiser. Ce qui est plus inhabituel, c'est que personne ne me connaissait."
"Réglementairement, c'était une faute de la transporter comme ça. C'était une précaution, qu'elle soit prête à être utilisée, vu la personne sur laquelle je travaillais"
Le chargeur de l'arme était plein, six balles. La septième avait été au préalable chambrée. "Si vous amenez votre arme dans un sac plastique au stand, vous risquez une grosse remontrance voire d'être viré du stand. La discrétion, c'était pour ma mission", répond Nicolas Ullens.
"Si votre intention était simplement de badger et de boire un café pour remplir vos obligations, je m'étonne que vous preniez votre arme", lui répond le juge. Celle-ci était placée dans un sac en plastique, chargée et chambrée "comme on me l'a appris à la Sûreté", dit-il. Pourquoi n'était-elle pas dans la valisette prévue à cet effet? "C'était plus discret que de laisser la valise dans la voiture sur un grand parking ouvert", affirme-t-il.
"Mon intention était d'aller au stand de tir pour badger. Quand on est un détenteur d'arme, il y a une obligation de se rendre au stand de tir dix fois par an. J'ai pris la décision de m'arrêter chez mon père sur la route", poursuit-il. Dans ses premières auditions, il déclarait avoir pris son arme pour se rendre au stand de tir. Aujourd'hui, il dit qu'il l'a portait pour sa sécurité, par rapport à l'affaire de coup d'Etat. "Ce n'est pas incompatible", conclut-il.
"C'est vrai, j'ai dit que j'ai pris la Dacia pour montrer à mon père que je ne roulais pas sur l'or. Néanmoins, je travaillais sur ce dossier pour un client français, sur un trafiquant d'armes", reprend-il. "J'avais un gros laps de temps, pour arriver au stand de tirs, je suis passé devant chez mon père parce que le chemin est plus rapide et je me suis arrêté pour voir s'il était là."
"J'avais ma Dacia, je devais voir un contact plus tard dans la journée concernant une histoire coup d'Etat au Congo. Quand vous arrivez avec ce véhicule personne ne vous voit", explique-t-il. C'est la première fois qu'il donne cette version.
