L'audience est suspendue jusqu'à demain matin 9h.
Procès de Nicolas Ullens, poursuivi pour l'assassinat de sa belle-mère la baronne Myriam Lechien: suivez la première journée en direct commenté
Plus de trois ans après la mort de Myriam Lechien, abattue devant sa villa d'Ohain, Nicolas Ullens de Schooten comparaît ce jeudi 24 septembre 2026 devant la cour d'assises du Brabant wallon. L'ancien agent de la Sûreté de l'État, âgé de 61 ans, doit répondre de l'assassinat de sa belle-mère. Deux semaines d'audience sont prévues à Nivelles.
- Publié le 24-09-2026 à 09h28
- Mis à jour le 24-09-2026 à 18h56
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Tout remonte au 29 mars 2023. Ce matin-là, Nicolas Ullens s'était rendu au domicile de son père, le baron Guy Ullens, et Myriam Lechien. La conversation avait porté sur la famille et l'argent, sans éclat apparent. Après avoir quitté la maison, il avait récupéré dans sa camionnette un pistolet Glock 9 mm.
Quelques minutes plus tard, il avait attendu le couple à la sortie de la propriété, percuté leur voiture pour leur barrer le passage, puis ouvert le feu à six reprises sur sa belle-mère. Myriam Lechien, 70 ans, était morte sur le coup. Guy Ullens avait été légèrement blessé.
L'accusé reconnaît avoir tiré, mais nie avoir prémédité son geste. Il comparaît pourtant pour assassinat, soit un meurtre commis avec préméditation. Cette question devrait être au cœur des audiences.
Car derrière les six coups de feu se dessine aussi l'histoire d'une famille profondément divisée. Autrefois proches, Nicolas Ullens et son père se seraient peu à peu éloignés. Le fils avait le sentiment d'avoir été relégué au second plan au profit de Myriam Lechien et de ses enfants.
L'argent traverse également le dossier. Longtemps considérée comme l'une des familles les plus aisées de Belgique, la famille Ullens disposait d'une fortune estimée, à son apogée, à quelque 3 milliards d'euros. Nicolas Ullens reprochait à Myriam Lechien d'en avoir dilapidé une partie.
Une voix essentielle manquera toutefois pour éclairer ces fractures, celle de Guy Ullens. Présent au moment des tirs et directement mêlé aux différends familiaux, le baron est décédé en avril 2025, à l'âge de 90 ans.
Les parties civiles ont déjà prévenu qu'elles ne voulaient pas voir le procès de Nicolas Ullens se transformer en celui de Myriam Lechien. Elles entendent notamment éviter que la victime ne soit enfermée dans le rôle de la "méchante belle-mère", rendue responsable des dissensions au sein du clan.
Cette première journée débute par la lecture de l'acte d'accusation, avant l'interrogatoire de l'accusé.
"Pas une question des parties civiles ne portaient sur les faits, pas une seule! Et des commentaires sur son comportement n'ont pas lieu d'être. M. le président, vous l'auriez recadré s'il avait eu un comportement déplacé", réagit Me Jean-Philippe Mayence.
"Il invente des injustices devant ceux qui ont perdu leur mère. Dans une dernière réponse, il dira qu'il a dégusté. Comment peut-il oser devant eux?", s'emporte l'avocat. Le président l'interrompt.
"Monsieur s'est bien amusé cette après-midi. Il a répondu à plusieurs questions en rigolant, 'vous n'allez pas aimer' sourit-il à la cour mais finalement, il ne répond jamais aux questions", commente Me Kennes.
"J'ai fait des choses positives pour Myriam aussi. Elle cherchait une voiture pour son fils et j'ai rogné toute ma marge commerciale pour elle. Il y a d'autres exemples mais vous ne trouverez aucun acte d'agressivité envers elle, avant le 29 mars"
En 2018, il aurait écrit une lettre à son père, signé avec ses frères et sa soeur où il réclame 60 millions d'euros à leur père, sous peine de lui faire "vivre l'enfer" et "un drame shakespearien". "Je n'ai jamais écrit cette lettre, c'est un certain XXX. Cette lettre n'a jamais été envoyée", affirme-t-il.
"Ils cherchaient n'importe quoi pour me faire taire."
Après avoir évoqué à nouveau la bagarre avec son professeur durant ses études de droit, l'avocat revient sur son passage à la Sûreté. Notamment, une histoire d'harcèlement d'une jeune stagiaire qui aurait refusé ses avances. "Oui je l'ai lu. Ce rapport est à charge. Pour rappel, le numéro 3 de la Sûreté vient directement du cabinet de Didier Reynders", souffle-t-il à nouveau.
"Oui j'ai accepté la succession de mon père. Oui je savais qu'il avait hérité du patrimoine de Myriam après sa mort mais a priori c'était essentiellement son patrimoine", détaille encore l'accusé.
Il a déclaré avoir dit à une dizaine de personnes qu'il tuerait bien sa belle-mère. "Je pense qu'on pourrait arrêter la moitié de la salle, tout le monde a déjà pensé à tuer sa belle-mère."
