L'audience se clôture, les débats reprendront lundi matin avec l'audition des enfants et de la soeur de Myriam Lechien, abattue de six balles devant sa villa, le 29 mars 2023 à Lasne.
Procès de Nicolas Ullens, poursuivi pour l'assassinat de sa belle-mère la baronne Myriam Lechien: suivez la 2e journée en direct commenté
Ce vendredi 25 septembre 2026, le procès de Nicolas Ullens de Schooten entame sa deuxième journée devant la cour d'assises du Brabant wallon. L'ancien agent de la Sûreté de l'État, âgé de 61 ans, doit répondre de l'assassinat de sa belle-mère en 2023, abattue devant sa villa d'Ohain. Deux semaines d'audience sont prévues à Nivelles.
- Publié le 25-09-2026 à 09h37
- Mis à jour le 25-09-2026 à 19h09

Après une première journée consacrée à la lecture de l'acte d'accusation et à l'interrogatoire de l'accusé, les débats ont repris ce vendredi matin avec les auditions de la juge d'instruction et des policiers qui ont mené l'enquête.
Les infos en direct depuis la cour d'assises:
Sur une question de Me Mayence, l'avocat de la défense, l'inspectrice confirme que l'accusé faisait des recherches pour des vacances à Carcassonne, dans le sud de la France. "Ces vacances étaient prévues le jeudi suivant", note l'avocat de Nicolas Ullens.
"Tout le monde s'est précité pour dire non, il n'a jamais parlé de l'histoire du Congo, pourtant il en parle dès sa deuxième audition", commente Me Mayence. Tout le monde acquiesce.
"Ce qui a été dit tout à l'heure m'a choqué. Vous avez parlé de 'tactique de défense', notamment entre ces deux premières auditions. Pourriez-vous préciser sur quels éléments vous vous basez?"
"Le mot tactique était peut-être mal choisi, stratégie aurait été mieux. Pour vous répondre, dans la première audition, il est surtout question de l'aspect financier de l'affaire et pour les suivantes, on insiste surtout sur la relation familiale", répond la juge d'instruction.
"Tactique ou stratégie, c'est inacceptable d'entendre cela. Il parle de son père comme de son meilleur ami dès les premiers paragraphes de sa toute première audition", conclut Me Mayence.
L'héritage de Myriam Lechien a été divisé entre ses enfants et Guy Ullens à sa mort, à hauteur de 50% du patrimoine chacun selon le droit suisse, rappelle un enquêteur.
Me Gilles Vanderbeck soulève une contradiction entre les auditions et l'interrogatoire de l'accusé qui a eu lieu hier. Notamment qu'il a pris sa Dacia pour être plus discret lors d'un rendez-vous prévu avec un contact dans le cadre de son "dossier Congo". "Il n'a jamais été question d'une opération relative au Congo", confirme l'équipe d'enquête.
"Non, ce que nous avons retenu des notices ouvertes, c'est qu'elles ont été classées sans suite", répond une inspectrice à une question de Me Laurent Kennes, l'un des avocats des parties civiles, soit les petits-enfants et enfants de Myriam Lechien. Nicolas Ullens expliquait porter régulièrement porter une arme car il faisait l'objet de menace dues à ces différentes professions.
Le président de la cour d'assises de Nivelles, Pierre Delcour, a reporté l'audition des parties civiles, initialement prévue ce vendredi après-midi à lundi, au vu de l'heure tardive.
L'audience reprend d'ici quelques minutes, les différentes parties au procès et le jury vont pouvoir poser leurs questions aux enquêteurs et la juge d'instruction, suite à leur exposé des investigations qui a duré près de huit heures ce vendredi.
Les enquêteurs reviennent sur le patrimoine de la famille Ullens, entre les années nonante et 2000. Tous les enfants ont reçu une maison, de financement dse études (Harvard pendant 15 ans notamment). Ils ont aussi touché pour 15 millions d'euros chacun en rente, cadeaux et projets divers. 3 millions ont été donnés petits-enfants.
Du temps où Nicolas Ullens travaillait pour la Sûreté, il a ouvert deux notices (des dossiers judiciaires, NdlR) contre des collègues mais aussi contre Didier Reynders. Toutes ont été classées sans suite. La Sûreté avait elle aussi ouvert des notices à l'encontre de son ancien employé.
Pour rappel, les faits remontent au 29 mars 2023. Ce matin-là, Nicolas Ullens s'était rendu au domicile de son père, le baron Guy Ullens, et Myriam Lechien. La conversation avait porté sur la famille et l'argent, sans éclat apparent. Après avoir quitté la maison, il avait récupéré dans sa camionnette un pistolet Glock 9 mm.
Quelques minutes plus tard, il avait attendu le couple à la sortie de la propriété, percuté leur voiture pour leur barrer le passage, puis ouvert le feu à six reprises sur sa belle-mère. Myriam Lechien, 70 ans, était morte sur le coup. Guy Ullens avait été légèrement blessé.
L'accusé reconnaît avoir tiré, mais nie avoir prémédité son geste. Il comparaît pourtant pour assassinat, soit un meurtre commis avec préméditation. Cette question devrait être au cœur des audiences.
Car derrière les six coups de feu se dessine aussi l'histoire d'une famille profondément divisée. Autrefois proches, Nicolas Ullens et son père se seraient peu à peu éloignés. Le fils avait le sentiment d'avoir été relégué au second plan au profit de Myriam Lechien et de ses enfants.
L'argent traverse également le dossier. Longtemps considérée comme l'une des familles les plus aisées de Belgique, la famille Ullens disposait d'une fortune estimée, à son apogée, à quelque 3 milliards d'euros. Nicolas Ullens reprochait à Myriam Lechien d'en avoir dilapidé une partie.
Une voix essentielle manquera toutefois pour éclairer ces fractures, celle de Guy Ullens. Présent au moment des tirs et directement mêlé aux différends familiaux, le baron est décédé en avril 2025, à l'âge de 90 ans.
Les parties civiles ont déjà prévenu qu'elles ne voulaient pas voir le procès de Nicolas Ullens se transformer en celui de Myriam Lechien. Elles entendent notamment éviter que la victime ne soit enfermée dans le rôle de la "méchante belle-mère", rendue responsable des dissensions au sein du clan.
