L'accusé Nicolas Ullens était-il en pleine "dissociation" lorsqu'il a abattu Myriam Lechien?
À la demande de la défense, le psychiatre qui suit Nicolas Ullens depuis décembre 2023 est venu témoigner et parler… de démence temporaire.
- Publié le 01-10-2026 à 14h55
- Mis à jour le 01-10-2026 à 16h16

Ce psychiatre a précisé d'emblée qu'il n'intervenait pas à titre d'expert, mais il a rencontré Nicolas Ullens plus d'une quarantaine de fois depuis décembre 2023, alors que les faits pour lesquels comparait l'accusé devant la cour d'assises datent du 29 mars 2023. Ce jour-là, à Lasne, il tuait par balles sa belle-mère, Myriam Lechien devant les yeux de son père, le baron Guy Ullens.
Le témoin a indiqué devant les jurés que l'accusé, calme lors des rencontres, lui a décrit le geste fatal qu'il a commis, a exprimé des remords et des regrets, et se rend donc compte des conséquences de ce qu'il a fait. C'est pour cela qu'il lui a demandé de l'aide.
Pour ce professionnel comme pour les experts qui ont examiné Nicolas Ullens dans le cadre de l'enquête, l'accusé n'est pas quelqu'un d'impulsif et n'est d'ailleurs jamais passé à l'acte alors qu'il était confronté depuis des années à des situations difficiles, tant sur le plan personnel que professionnel.
D'après l'analyse du témoin, se basant sur le récit de son patient et sur les résultats de tests auquel Nicolas Ullens s'est soumis, son client lors des faits a été débordé par ses émotions, au point d'être victime d'une dissociation de conscience. Ce qui correspond notamment au récit de l'accusé qui a indiqué assister à la scène comme s'il flottait en dehors de son corps.
"La dissociation, c'est perdre le fil de ce qui se passe, se retrouver en pilote automatique, vivre les choses comme dans un rêve et avoir l'impression de flotter au-dessus de la situation", a expliqué le témoin.
Au moment des faits, à le suivre, Nicolas Ullens était hors de lui au sens propre du terme, ne pouvant gérer une immense colère et un sentiment d'injustice auquel on le sait particulièrement sensible.
Le psychiatre a précisé deux éléments pour l'expliquer: l'abandon par son père et le refus de ce dernier, quelques minutes avant les faits, d'entendre les demandes de son fils ; et l'injustice que l'accusé estimait avoir subie en étant contraint de démissionner de la Sûreté de l'État suite à ses enquêtes concernant le ministre Reynders.
Le matin des faits, une goutte d'eau aurait fait déborder le vase et le psychiatre, évoquant cette dissociation qui a duré quelques minutes, a également parlé de démence temporaire et d'éclipse de la personnalité.
"Monsieur n'était plus lui-même, il n'était pas la même personne que celle qu'il est au quotidien", a résumé le professionnel.
Comme on s'en doute, ce témoignage est vivement contesté par les conseils des parties civiles…

