Une soixantaine de chiens saisis dans un élevage agréé à Wierde (Namur): "Il faut protéger les animaux avant d'avoir à les saisir"

La saisie s'est déroulée lors d'une intervention de l'Unité du bien-être animal (UBEA). GRIFF (ex-SPA) demande un renforcement des contrôles.

La rédaction
 Les chiens saisis étaient détenus dans de minuscules cages.
Les chiens saisis étaient détenus dans de minuscules cages. ©

Selon l'inspecteur de l'UBEA, les portées étaient détenues dans de minuscules cages de transport, faute d'espace. Des chiots non sevrés figuraient parmi les animaux saisis. Deux chiens accueillis par GRIFF seraient particulièrement craintifs. Par nature, certains chiens saisis sont terrorisés.

Parmi les premiers constats rapportés: conjonctivite, tartre dentaire, nombreux nœuds dans le pelage et ventre volumineux. Leur prise en charge nécessite des soins, du temps et un accompagnement adapté.

"Les refuges ne peuvent pas être le service après-vente des élevages défaillants. Un agrément doit s'accompagner de contrôles réels et de moyens suffisants. Il faut protéger les animaux avant d'avoir à les saisir", selon Gaëtan Sgualdino, directeur de GRIFF.

Selon les informations recueillies par le refuge, une quinzaine de chiens restent sur place, ainsi que d'autres animaux. L'éleveuse devrait réaménager les espaces de détention pour accueillir les animaux qu'elle conserve.

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Cette situation inquiète profondément l'association, qui alerte sur un risque important de récidive et demande que ces réaménagements soient contrôlés, avec un suivi strict et durable des conditions de détention.

Par ailleurs, l'agrément de l'éleveuse porterait sur 50 chiens. L'association juge cette capacité excessive au regard des constats rapportés lors de la saisie. Un retrait de l'agrément serait envisagé par l'autorité. L'association ne dispose toutefois pas, à ce stade, de confirmation officielle de ce retrait ni d'un calendrier. Elle demande que la protection des animaux restés sur place soit assurée sans attendre.

Pour GRIFF, cette saisie pose la question du suivi des élevages agréés en Wallonie. Un agrément doit s'accompagner de contrôles réguliers, inopinés et suivis d'effets, afin de détecter les manquements et d'intervenir avant qu'une saisie ne devienne nécessaire.

La liste officielle wallonne contient plus de 5 000 numéros d'agrément liés à l'élevage de chiens, majoritairement occasionnels. Dans une réponse parlementaire du 11 avril 2025, le ministre indiquait que l'UBEA comptait 13 agents contrôleurs, dont six vétérinaires, pour l'ensemble de ses missions sur le territoire wallon.

GRIFF réclame: une augmentation des contrôles dans les élevages agréés, notamment des visites inopinées, un renforcement des moyens humains et budgétaires de l'UBEA, un suivi rapide des manquements constatés et des réaménagements prévus, avec des mesures effectives pour protéger les animaux et prévenir la récidive.

L'association rappelle également que, selon les informations dont elle dispose, plus de 3 000 animaux attendent une famille dans les refuges de Wallonie et de Bruxelles. L'adoption reste minoritaire: selon l'enquête belge BEPEFA/iVOX 2026, 15% des chiens ont été recueillis dans la rue ou adoptés en refuge.

GRIFF salue la solidarité entre refuges et le travail de l'UBEA, qui permettent de mettre les chiens saisis en sécurité. Cette mobilisation doit s'accompagner d'une politique permettant d'intervenir plus tôt et de donner aux acteurs de terrain les moyens de protéger durablement les animaux.

Les chiens accueillis par les refuges à la suite de cette saisie ne sont pas encore proposés à l'adoption.

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