Du "Never Forget" à "America First"
C'était il y a vingt-cinq ans et pourtant, on s'en souvient comme si c'était hier. On se souvient des images, des flammes, des corps qui tombent, des tours qui s'effondrent. On se souvient aussi de l'endroit où l'on était, de la personne avec qui l'on se trouvait. Comme si notre mémoire avait arrêté le temps à ce 11 septembre 2001.
- Publié le 10-09-2026 à 15h07
- Mis à jour le 11-09-2026 à 14h40

Vingt-cinq ans plus tard, le souvenir reste intact, même si beaucoup de choses ont changé.
Il y a eu les guerres en Afghanistan et en Irak. Les attentats de Madrid, Londres, Paris et Bruxelles. Il y a eu la peur du terrorisme et puis, peu à peu, une autre menace est apparue: celle de sociétés qui se divisent et ne se font plus confiance.
Car ce 11 septembre n'a pas seulement changé notre rapport à la sécurité. Il a aussi changé notre rapport aux autres.
Le colis oublié sur un quai de gare n'est plus celui d'un distrait. Un nom, une apparence, un vêtement sont devenus sources de soupçons. La peur s'est installée, parfois là où elle n'avait rien à faire.
Pourtant après les attentats, il y avait eu une solidarité presque immédiate entre les pays. Mais aujourd'hui, cette capacité à faire bloc semble beaucoup plus fragile.
Et l'Amérique elle-même est profondément polarisée. Même le 11 septembre, qui avait rassemblé les Américains, n'échappe plus aux divisions politiques.
Du "Never Forget", on est passé à "America First". Avec Donald Trump, l'Amérique se regarde davantage elle-même. Elle parle de frontières, de puissance et d'intérêts nationaux. Elle questionne ses alliances et le rôle qu'elle entend encore jouer pour les autres.
Le 11 septembre n'a évidemment pas créé Donald Trump. Mais le trumpisme s'inscrit dans une histoire de peur, de guerres, de traumatismes et de désillusions.
Vingt-cinq ans après, notre souvenir est intact. Par contre ce qui s'est effacé, c'est ce que nous étions au lendemain de cette catastrophe: une société capable de se serrer les coudes et de regarder au-delà des frontières. Et c'est peut-être aussi de cela qu'il faudrait se souvenir.
