Le corsaire en dentelle
Il était l'un des visages les plus connus du monde judiciaire belge. Ses petites lunettes rectangulaires, sa chevelure blanche, sa voix, ses belles formules… Xavier Magnée, ne passait pas inaperçu.
- Publié le 22-09-2026 à 14h16
- Mis à jour le 23-09-2026 à 08h12

Surnommé le "Corsaire en dentelle", il avait ce mélange assez particulier de raffinement et de tempérament. Il aimait les livres, l'art, les beaux mots. Mais dès qu'il entrait dans un prétoire, il devenait un redoutable combattant. Un avocat capable, racontent ceux qui l'ont vu plaider, de faire basculer un procès d'assises par la seule force du verbe.
Mais ce qui l'a rendu célèbre, ce sont surtout ses clients. Marc Dutroux, bien sûr. Mais aussi Geneviève Lhermitte, Mohamed Jratlou, Patrick Haemers, Marcel Habran… Des noms qui font froid dans le dos mais que lui avait accepté de défendre.
Et c'est sans doute ce qui a toujours intrigué l'opinion publique. Car comment peut-on prendre la défense de personnes qui ont commis de telles atrocités ?
Et bien pour lui, la réponse était simple: c'était son métier. Son devoir même. La justice devait pouvoir s'appliquer à tous, y compris à ceux que la société avait déjà condamnés.
Une ligne de conduite qui n'a pas toujours été comprise. Mais lui s'en moquait, il n'était pas là pour effacer les crimes ni pour demander qu'on les oublie. Il voulait juste faire son travail: comprendre, interroger, plaider, quitte à déplaire.
Et c'est aussi ce qui faisait le personnage. Il était brillant mais pouvait parfois aller trop loin. Ses mots lui ont parfois joué des tours emportés par la fougue du combat. Mais même dans ses maladresses, il y avait cette conviction qu'un avocat devait se battre pour son client. Pas pour effacer leurs actes. Pas pour demander de les comprendre ou de les pardonner mais simplement parce que c'était le rôle d'un avocat.
Xavier Magnée n'avait pas peur de la tempête. Il y entrait, le verbe haut et la robe noire comme seule armure. Parce que c'était son métier. Parce que c'était Xavier Magnée.
