Un bras musclé ne suffit pas
"Il est nécessaire de renforcer le bras sécuritaire." Théo Francken ne pouvait laisser passer l'occasion. La violence déployée, en marge, des manifestations en Belgique et surtout en France a marqué les esprits. En marge, parce que manifestations pacifiques il y a eu. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour passer des messages. Mais ils sont restés lettres mortes. Abasourdis par le déchaînement de brutalités déployé lors de ces rassemblements.

- Publié le 19-10-2026 à 19h32
- Mis à jour le 20-10-2026 à 07h28

La réponse fuse comme une évidence: il faut frapper mieux et plus fort. Le ministre de la Défense (N-VA), avec son confrère de l'Intérieur Bernard Quintin (MR), veulent donc un corps de police "dont les membres suivraient un entraînement à la fois policier et militaire". Une gendarmerie 2.0.
En titillant la corde sensible: "On doit sécuriser le citoyen". Effet d'annonce, politique à chaud: le résultat est le même, il faut réagir tout de suite avec des propositions… chocs. Une nécessité existentielle pour un politique. Au-delà de ce qui ressemble à un transfert d'enveloppe budgétaire et d'un glissement de la sphère d'intervention de l'armée vers nos rues, on s'interroge. Face à ces tactiques de guérilla urbaine, les forces de l'ordre sont obligées de se remettre en question mais ajouter une couche de boucliers à une couche de boucliers ne permettra pas d'enrayer cette violence. C'est mettre une rustine sur un pneu déchiré. Devant l'ampleur de cette violence, une approche globale s'impose en amont et en aval.
Quand des milliers de personnes descendent en rue pacifiquement, elles tirent le signal d'alarme. Quand elles sont des centaines à tout casser, le train déraille.
Oui la Justice doit avoir les moyens de traiter ces dossiers, oui il est impératif qu'ils soient suivis d'effets concrets. Mais oui aussi au travail en amont. Ces jeunes ne sont pas sortis des catacombes par hasard. C'est le résultat d'un long délitement économique, d'encadrement et d'écoute. Avec cette question: qui se cache derrière les réseaux de cette mobilisation ? L'attention doit aussi se porter sur ces boutefeux et leurs desseins. Si c'est pour un État plus sécuritaire, ils sont sur la bonne voie.
