Les avocats de Geneviève Lechien, la sœur de la victime, Me Justine Wayntraub et Me Marko Obradovic prendront la parole lundi prochain, au vu de l'heure tardive. Le président met fin aux débats pour aujourd'hui. Merci de nous avoir suivis.
"Quand on vit hors sol…": un consultant mandaté par le baron témoigne du grand train de vie et du patrimoine surévalué du couple Ullens
Un consultant mandaté en 2018 par Guy Ullens a décrit, ce vendredi 2 octobre 2026, le patrimoine du couple Ullens-Lechien comme largement surévalué.
- Publié le 02-10-2026 à 11h58
- Mis à jour le 03-10-2026 à 11h01

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Avant que les avocats des parties civiles entament leurs plaidoiries ce vendredi matin au procès Ullens, la cour d'assises du Brabant wallon a entendu les derniers témoins de moralité de Nicolas Ullens. Dont un spécialiste chargé par Guy Ullens, en 2018, de faire le point sur son patrimoine et de lui donner des conseils pour le réorganiser. Il s'agissait aussi, selon ce professionnel, de rapprocher les points de vue de Guy Ullens et celui de ses enfants.
Mais cette mission n'a pas pu être menée jusqu'à son terme et les relations se sont tendues entre le baron et ce consultant indépendant.
Ce dernier avait émis des recommandations claires pour redresser une situation qui était loin d'être idyllique. Il a ainsi suggéré de céder sans délai ou de liquider la marque de vêtements Maison Ullens vu les pertes récurrentes, de céder ce qu'il restait de la collection d'art, de vendre le chalet que possédait le couple à Verbier en Suisse, et de céder certaines participations.
Le professionnel, encouragé par Guy Ullens, a pris des contacts avec le groupe Artal et la Banque du Luxembourg. Et cette intervention a permis à Guy Ullens de retrouver des liquidités. D'après ce qu'a expliqué le témoin aux jurés, il lui est apparu qu'une fois en possession de ces liquidités permettant au couple de garder son grand train de vie, Guy Ullens n'avait plus envie de mettre en œuvre les recommandations. Et l'objectif de rapprochement avec les enfants a disparu.
Alors que Guy Ullens avait marqué son accord pour liquidation de la Maison Ullens, il est aussi revenu sur cette décision le lendemain. Le consultant a indiqué que la société devait, selon les bilans et les projections, perdre 26 millions de 2015 à 2022. Maison Ullens était estimée à 10 millions mais vu la situation, elle ne valait rien et personne ne s'est d'ailleurs manifesté pour une reprise.
"Quand on vit hors sol, on pense peut-être que ce que l'on a vaut plus que la valeur réelle"
Quant à la collection d'art, il semble qu'en 2018, il n'en restait plus grand-chose après plusieurs ventes. Le couple estimait que les 282 œuvres qu'ils possédaient encore valaient environ 34 millions d'euros. Aucune des grandes maisons de vente internationales spécialisées, contactées, n'offrait cependant plus de 5 millions d'euros. Et le chalet de Verbier était aussi largement surévalué dans le patrimoine du couple.
Me Jean-Philippe Mayence, pour la défense, a demandé au témoin ce qui pouvait expliquer cette surévaluation.
Avant les plaidoiries des parties civiles, l'accusé réitère regrets et excuses
"Il y a une explication économique et une explication psychologique, a répondu le témoin. Au niveau économique, cela pouvait servir à convaincre les banquiers que face aux crédits demandés, il y a des actifs pour les gager. Sur le plan psychologique, quand on vit un peu hors sol, on pense peut-être que ce que l'on a vaut plus que la valeur réelle en cas de cession…"
Avant que les parties civiles entament les plaidoiries, le président Delcour a donné la parole à l'accusé. Nicolas Ullens a alors réitéré ses regrets à propos de l'acte qu'il a commis, et ses excuses envers la famille de la victime et sa propre famille. "Et vis-à-vis de la société belge, que j'ai cherché à défendre durant des années et que finalement, j'ai heurtée aussi", a-t-il précisé.
Les infos en direct du procès Ullens ce vendredi:
"Les époux Ullens étaient résidents en Suisse. C'est donc le régime successoral helvète qui s'est appliqué. 50 % pour le baron et 50% pour les enfants. À la mort de Mimi, Guy Ullens a touché 13 millions de son épouse. Nicolas a inversé tout le processus en la tuant. À la mort du Baron qui va hériter cette part?"
"On ne parle que de pognon, c'est saisissant et on vous promet l'enfer si les questions d'héritage ne sont pas réglées. Une seconde lettre suit celle-ci. "Cher Myriam, cher Pop, une manche de passée, la vente du chalet nous permet d'en jouer d'autre", évoque Me Gilles Vanderbeck en faisant écho à la procédure judiciaire intenté aux époux Ullens-Lechien par la fratrie Ullens.
Il a aussi été question du gouffre financier que représentait la Maison Ullens. "Les enfants du baron s'inquiètent par ce qu'ils voient leur héritage en train de s'envoler. Dans les années 2000, chacun a reçu une maison. Philippe a reçu un financement pour ses études à Harvard. Nicolas a reçu un financement pour son garage. En plus de ça, pour chaque enfant, un total de 32 millions leur sera versé dont 7,5 millions rien qu'à Nicolas. Sans compter, les 3 millions versés aux petits-enfants. L'accusé en a quatre. Et quand je les vois venir ici cracher dans la soupe, les entendre dire 'oui on recevait une enveloppe avec 10 000 euros mais on aurait préféré un cadeau personnalisé'. Alors oui mais bon. Avec ces sommes n'importe quel autre Belge aurait largement de quoi vivre."
"Le vrai mobile, celui qu'il n'avouera jamais, c'est l'argent, c'est le financier. L'immense fortune de son père qu'elle aurait pillée et détournée au profit de sa propre famille. Sur les 94 paragraphes qui constituent son audition devant le juge d'instruction, 23 évoquent l'aspect financier. Il allait chez son père le 29 mars pour demander de l'argent", rappelle-t-il.
"L'épouse de l'accusé, à chaud, appelle le 100. Que dit-elle en parlant de ladite belle-mère ? J'étais frappé par sa voix. Ce n'était pas quelqu'un de paniqué, au contraire je l'ai trouvé plutôt calme. Surtout quand elle parle de sa belle-mère qui les a tous fait déshériter."
"Mon beau-père était richissime et il a tout donné à sa nouvelle femme, et nous, on nous rit au nez", voilà ce qu'elle dira. C'est criant de vérité."
"Alors qu'il était agent la Sûreté, il en a profité pour enquêter sur le patrimoine de son père", rappelle l'avocat après avoir listé les griefs de son ancien employeur. Nicolas Ullens fait l'objet d'une enquête pour violation du secret.
"L'histoire tout autour de Didier Reynders, enquête pour laquelle l'accusé aurait été vilipendé de la Sûreté de l'Etat, ne tient pas pour l'avocat des enfants de Myriam Lechien. Notamment le fait que Guy Ullens se serait rendu dans le bureau de Reynders pour s'excuser de l'attitude de son fils. "Quand on demande au baron s'il connaît Didier Reynders, que répond-il? Ce n'était pas un prof d'université avec qui mon fils s'est battu?", ça ne vous rappelle rien?", poursuit l'avocat. A-t-on un seul élément sur cette visite? Rien. Et depuis, plus un mot de l'accusé, ce n'est plus mis en avant comme un élément pouvant expliquer son déchaînement."
"Dans les familles recomposées, il y a toujours des problèmes d'entente. Cela fait partie de la vie mais qu'est-ce qui fait la différence entre cette famille et les autres? C'est l'argent évidemment!"
"Laurent K., l'homme de confiance de Guy Ullens: "il me parlait souvent de son envie de voir ses enfants. (...) Guy ne savait pas comment prendre soin de ses relations. Je n'ai jamais vu Myriam tenter de lui interdire de les voir. (...) Il va de soi que l'argent a joué un rôle dans cette histoire", décrivait-il."
"Pour vérifier si ce sentiment de rejet de Nicolas était fondé, on ne va pas demander à Virginie et Gilles qui ont pourtant été le plus témoin de leur vie de couple. Prenons des personnes neutres, ni la famille, ni des amis mais d'autres qui les ont accompagnés au quotidien: Chloé C., la responsable du family office. "Il y a toujours eu des tensions familiales, j'appelais ça le syndrome de la belle-mère diabolique. PLusieurs fois, elle a tendu une main vers eux. Elle comprenait le souhait de son mari de voir ses enfants malgré les problèmes", voilà comment elle en parle", poursuit Me Gilles Vanderbeck.

