Les avocats de Geneviève Lechien, la sœur de la victime, Me Justine Wayntraub et Me Marko Obradovic prendront la parole lundi prochain, au vu de l'heure tardive. Le président met fin aux débats pour aujourd'hui. Merci de nous avoir suivis.
Une préméditation qui ne fait aucun doute, "étrange Cendrillon que Monsieur Ullens": ce que contient la plaidoirie des avocats des parties civiles
Les avocats des parties civiles ont commencé à plaider devant la cour d'assises du Brabant wallon ce vendredi 2 octobre 2026. En parlant notamment d'une perte de sens moral.
- Publié le 02-10-2026 à 14h43
- Mis à jour le 02-10-2026 à 18h19

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C'est Me Laurent Kennes, un des avocats des enfants de Myriam Lechien, qui a entamé ce vendredi la partie "plaidoiries" du procès de Nicolas Ullens devant la cour d'assises du Brabant wallon.
En attaquant d'entrée l'attitude et la position de l'accusé depuis ces sept jours de procès, mais aussi celles de certains témoins de moralité qui ont dit ne pas cautionner mais comprendre l'acte commis par Nicolas Ullens, le 29 mars 2023.
Un accusé qui ne supportait pas l'injustice ? "Il a posé l'acte le plus injuste et le plus injustifiable qui soit !", a martelé l'avocat, rappelant les six balles tirées à bout portant par l'accusé dans la tête et le thorax de sa belle-mère septuagénaire, devant son père âgé de 88 et qui aimait cette femme depuis 35 ans.
"Entre 2000 et 2021, il a reçu de son père la bagatelle de 7,5 millions€"
En constatant que dès sa première audition, l'accusé avait expliqué aux policiers combien Myriam Lechien était mauvaise, le conseil des enfants de la victime a évoqué une inversion des rôles et s'est étonné que l'entourage se soit ensuite dit que si Nicolas Ullens avait commis ce geste, c'est qu'il y avait une bonne raison. Et cette raison est devenue une justification morale a posteriori, faisant pratiquement passer le crime au second plan.
Nicolas, enfant abandonné par son père ? L'avocat a rappelé aux jurés que l'accusé avait 25 ans quand Guy Ullens, une fois tous ses enfants mariés, a décidé de vivre avec sa nouvelle femme. Et l'accusé, lorsqu'il a tué sa belle-mère, avait 57 ans. Son crime n'a dès lors pas été motivé par un sentiment d'injustice, mais par la jalousie.
La préméditation ne fait aucun doute pour les parties civiles
"C'est cela qui est terriblement choquant, a plaidé Me Kennes. L'accusé a élevé la jalousie au rang d'une valeur noble et compréhensible ! C'est une perte de sens moral. Il a tué une dame de 70 ans parce qu'il ressentait comme injuste l'argent que son père lui consacrait à elle, et pas à lui. L'accusé a osé utiliser les mots "cauchemar depuis 35 ans". Lui qui a hérité de la fortune de sa mère, avec ses frères et sœur d'un chalet de 10 millions d'euros à Cran Montana, qui est propriétaire d'une gigantesque maison à Lasne. Et entre 2000 et 2021, il a reçu de son père la bagatelle de 7,5 millions d'euros. Mais quand il voit le train de vie de son père, il est jaloux. Étrange cendrillon que monsieur Ullens de Schooten, victime de sa belle-mère."
Quant à la préméditation, pour les parties civiles, elle ne fait aucun doute: en se munissant d'une arme avec deux chargeurs, en positionnant sa voiture de manière à avoir une vue sur la sortie de la propriété d'Ohain, en provoquant une collision pour bloquer le véhicule conduit par la victime, il ne pouvait qu'exécuter un acte planifié et réfléchi.
Les infos en direct du procès Ullens ce vendredi:
"Les époux Ullens étaient résidents en Suisse. C'est donc le régime successoral helvète qui s'est appliqué. 50 % pour le baron et 50% pour les enfants. À la mort de Mimi, Guy Ullens a touché 13 millions de son épouse. Nicolas a inversé tout le processus en la tuant. À la mort du Baron qui va hériter cette part?"
"On ne parle que de pognon, c'est saisissant et on vous promet l'enfer si les questions d'héritage ne sont pas réglées. Une seconde lettre suit celle-ci. "Cher Myriam, cher Pop, une manche de passée, la vente du chalet nous permet d'en jouer d'autre", évoque Me Gilles Vanderbeck en faisant écho à la procédure judiciaire intenté aux époux Ullens-Lechien par la fratrie Ullens.
Il a aussi été question du gouffre financier que représentait la Maison Ullens. "Les enfants du baron s'inquiètent par ce qu'ils voient leur héritage en train de s'envoler. Dans les années 2000, chacun a reçu une maison. Philippe a reçu un financement pour ses études à Harvard. Nicolas a reçu un financement pour son garage. En plus de ça, pour chaque enfant, un total de 32 millions leur sera versé dont 7,5 millions rien qu'à Nicolas. Sans compter, les 3 millions versés aux petits-enfants. L'accusé en a quatre. Et quand je les vois venir ici cracher dans la soupe, les entendre dire 'oui on recevait une enveloppe avec 10 000 euros mais on aurait préféré un cadeau personnalisé'. Alors oui mais bon. Avec ces sommes n'importe quel autre Belge aurait largement de quoi vivre."
"Le vrai mobile, celui qu'il n'avouera jamais, c'est l'argent, c'est le financier. L'immense fortune de son père qu'elle aurait pillée et détournée au profit de sa propre famille. Sur les 94 paragraphes qui constituent son audition devant le juge d'instruction, 23 évoquent l'aspect financier. Il allait chez son père le 29 mars pour demander de l'argent", rappelle-t-il.
"L'épouse de l'accusé, à chaud, appelle le 100. Que dit-elle en parlant de ladite belle-mère ? J'étais frappé par sa voix. Ce n'était pas quelqu'un de paniqué, au contraire je l'ai trouvé plutôt calme. Surtout quand elle parle de sa belle-mère qui les a tous fait déshériter."
"Mon beau-père était richissime et il a tout donné à sa nouvelle femme, et nous, on nous rit au nez", voilà ce qu'elle dira. C'est criant de vérité."
"Alors qu'il était agent la Sûreté, il en a profité pour enquêter sur le patrimoine de son père", rappelle l'avocat après avoir listé les griefs de son ancien employeur. Nicolas Ullens fait l'objet d'une enquête pour violation du secret.
"L'histoire tout autour de Didier Reynders, enquête pour laquelle l'accusé aurait été vilipendé de la Sûreté de l'Etat, ne tient pas pour l'avocat des enfants de Myriam Lechien. Notamment le fait que Guy Ullens se serait rendu dans le bureau de Reynders pour s'excuser de l'attitude de son fils. "Quand on demande au baron s'il connaît Didier Reynders, que répond-il? Ce n'était pas un prof d'université avec qui mon fils s'est battu?", ça ne vous rappelle rien?", poursuit l'avocat. A-t-on un seul élément sur cette visite? Rien. Et depuis, plus un mot de l'accusé, ce n'est plus mis en avant comme un élément pouvant expliquer son déchaînement."
"Dans les familles recomposées, il y a toujours des problèmes d'entente. Cela fait partie de la vie mais qu'est-ce qui fait la différence entre cette famille et les autres? C'est l'argent évidemment!"
"Laurent K., l'homme de confiance de Guy Ullens: "il me parlait souvent de son envie de voir ses enfants. (...) Guy ne savait pas comment prendre soin de ses relations. Je n'ai jamais vu Myriam tenter de lui interdire de les voir. (...) Il va de soi que l'argent a joué un rôle dans cette histoire", décrivait-il."
"Pour vérifier si ce sentiment de rejet de Nicolas était fondé, on ne va pas demander à Virginie et Gilles qui ont pourtant été le plus témoin de leur vie de couple. Prenons des personnes neutres, ni la famille, ni des amis mais d'autres qui les ont accompagnés au quotidien: Chloé C., la responsable du family office. "Il y a toujours eu des tensions familiales, j'appelais ça le syndrome de la belle-mère diabolique. PLusieurs fois, elle a tendu une main vers eux. Elle comprenait le souhait de son mari de voir ses enfants malgré les problèmes", voilà comment elle en parle", poursuit Me Gilles Vanderbeck.

